Ils ont vraiment osé sortir ces voitures au salon de Bruxelles
Ces voitures folles qu’on n’attendait pas
Bienvenue au Salon de l’Auto de Bruxelles 2026, là où les constructeurs semblent avoir abandonné toute notion de mesure. Cette année, ce ne sont plus des voitures qu’on expose, mais des hallucinations sur roues, des visions de designers laissés seuls trop longtemps avec une palette 3D et un ego mal hydraté.
La Mercedes-AMG GT2 XX, par exemple, donne l’impression d’avoir été taillée pour pulvériser le bitume à Mach 2, puis décoller. Elle est si large qu’on doute qu’elle rentre dans une rue normale, et si agressive qu’elle pourrait effrayer un char d’assaut. C’est une sculpture d’arrogance mécanique, un monstre d’esthétique énervée dont le but semble être de dire : « Je peux te doubler à l’arrêt, mais aussi ruiner ta retraite ».
Puis il y a le Citroën ELO, anti-SUV absolu, un cube roulant avec six sièges qu’on peut déplacer, tourner, voire probablement méditer dessus. Il ressemble à une salle de coworking mobile, mais avec des roues. La marque aux chevrons propose ici une réponse zen au tumulte urbain — sauf que dans le trafic, bon courage pour tourner avec ce salon IKEA ambulant.
Et ne parlons même pas de l’Audi C Concept, tellement sobre qu’on se demande si ce n’est pas un prototype pour les moines digitalement abstinents. Une voiture qui semble dire : « Assez parlé. Conduis. » Loin du délire lumineux habituel, cette Audi veut qu’on regarde sa ligne pure. Et c’est vrai qu’elle est belle — comme une lame qui aurait lu Proust.
Mais la palme de la bizarrerie revient peut-être à Dacia, qui présente un concept baptisé Hipster. Oui, Dacia. Hipster. Deux mots qu’on n’aurait jamais cru voir ensemble autrement que dans une blague. Et pourtant, voici un engin minimaliste, volontairement rustique, avec une interface aussi épurée qu’un Nokia 3310. Un anti-système qui crie « moins c’est plus », tout en rigolant sous cape. En somme, c’est une voiture qui se moque des voitures.
Promesse de futur ou gros délire ? On a essayé de comprendre
Maintenant, soyons honnêtes : tout cela n’a pas grand-chose à voir avec ce qu’on conduira demain matin. La moitié de ces véhicules ont été conçus pour faire baver les influenceurs sur Instagram, pas pour passer les crash-tests de l’Union européenne.
Prenez le concept Mercedes : il transpire la démonstration de force. Il n’est pas là pour convaincre votre voisin d’acheter une hybride, mais pour rappeler que l’ingénierie allemande peut encore broyer la physique si on lui donne assez de carbone et de mégawatts.
Chez Citroën, l’ELO a des allures de manifeste : « Regardez ce qu’on peut faire quand on arrête d’essayer de ressembler à un SUV Coréen ». Ce n’est pas tant une promesse de production qu’une tentative de réorienter le débat sur ce que devrait être une voiture familiale demain : un lieu de vie, pas un char d’assaut de banlieue.
Et Audi, comme souvent, fait dans le calculé. Son C Concept est une étude sérieuse, presque ennuyeuse. Mais derrière son apparente simplicité se cache une stratégie : anticiper le retour d’une élégance discrète, après l’orgie d’écrans et de néons. C’est une voiture pour ceux qui ont dépassé l’âge des TikToks lumineux.
Quant à Dacia, il faut le dire : c’est peut-être eux les plus honnêtes. Pas de mensonge sur la performance, pas de rêve inaccessible. Juste une réflexion : et si on se moquait un peu de ce cirque avec un véhicule volontairement basique ?
Des voitures vertes… qui pèsent deux tonnes
Bienvenue dans le bal des paradoxes : voici des voitures électriques censées sauver la planète… mais qui pèsent plus lourd qu’un tank soviétique. À Bruxelles, chaque constructeur semble avoir sorti son interprétation personnelle de ce que pourrait être l’avenir… s’il était bâti sur de la contradiction pure.
La Mercedes-AMG GT2 XX en est le symbole parfait : elle incarne une électrification brutale, sans compromis. Elle veut prouver que sport et électrique peuvent coexister, tout en envoyant valser le bon sens avec ses dimensions grotesques. Un missile écolo ? Plutôt un marteau vert fluo.
Et puis, au milieu de tout ça, le Dacia Hipster s’amuse à inverser les codes. Ultra léger, ultra simple, et résolument anti-technologique, il semble lancé pour se moquer des autres. Et il réussit : à côté de lui, toutes les autres tentatives font figure d’overdose digitale.
L’ironie est totale : ces machines sont censées représenter le progrès… mais elles semblent faites pour les 1% qui ne paient jamais le plein ni leur recharge. On nous vend des véhicules censés représenter un avenir propre, mais leurs matériaux, leur puissance absurde et leur consommation réelle trahissent un futur qui ne fonctionne qu’en images de synthèse.
Le durable devient un label, pas une réalité. Et ça, le public le sent bien : trop de chrome, trop de mise en scène, pas assez de réponses. Les promesses sont grandes, mais les contradictions encore plus visibles.
Pourquoi on aime autant ces voitures qu’on ne conduira jamais
Ce grand carnaval mécanique soulève une question essentielle : pourquoi nous inflige-t-on tout ça ?
Est-ce pour faire rêver ? Sans doute. Est-ce pour redonner un semblant de sex-appeal à une industrie en pleine crise d’identité ? Très probablement. Mais surtout, c’est pour mettre en scène un futur dont on sait qu’il ne viendra pas tout à fait comme ça.
Les concept-cars sont devenus des laboratoires d’illusion. Ils racontent des histoires qu’on n’achètera jamais, mais qui justifient l’existence de marques qui peinent à se réinventer sans faire appel à des écrans géants et des noms à rallonge. En vérité, ces voitures sont moins des véhicules que des déclarations marketing roulantes.
Mais elles en disent long sur nous : notre besoin de spectacle, notre fascination pour la nouveauté, notre désir d’être surpris — même si c’est pour cinq secondes sur un fil Instagram.
Car au fond, un concept-car, c’est comme un feu d’artifice. On sait que ça va exploser, que ça ne sert à rien, mais on ne peut pas s’empêcher de regarder.
À retenir en 5 points :
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Le Salon de Bruxelles 2026 a dévoilé des concept-cars plus proches de la science-fiction que de la réalité.
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Mercedes, Citroën, Audi et Dacia ont chacun joué une partition très différente, entre folie visuelle, minimalisme et design pur.
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Les contradictions des véhicules électriques y ont été flagrantes : lourds, suréquipés, parfois absurdes.
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Ces concepts ne sont pas faits pour être produits, mais pour faire parler et nourrir l’image de marque.
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Au final, ils révèlent plus sur nos désirs et notre culture du spectacle que sur l’avenir réel de l’automobile.


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