Peugeot 408 restylée : pourquoi elle ne vaut pas son prix ?
Peugeot 408 restylée : du maquillage pour faire croire au lifting
La Peugeot 408 fait peau neuve. Enfin, “peau neuve”, c’est beaucoup dire. Disons qu’elle a pris un rendez-vous rapide chez Sephora. Ce restylage 2026, annoncé comme un renouveau, se résume en réalité à une calandre redessinée, deux optiques affûtées comme les ongles d’un marketeux sous coke, et quelques inserts noirs brillants — histoire de faire croire qu’on a affaire à quelque chose de neuf.
Soyons honnêtes : il faut être sacrément passionné par le design des feux de jour pour y voir un bouleversement. Le félin devient plus agressif, paraît-il. Mais entre nous, ce n’est pas un lion, c’est un gros chat bien nourri qui ronronne plus qu’il ne rugit.
Dans l’habitacle ? Rien. Nada. Le i-Cockpit reste le même, avec son volant toujours aussi mal placé si vous mesurez plus d’1m75 ou si vous avez un tronc. Les écrans sont identiques, les matériaux aussi — en clair, tout ce que vous toucherez au quotidien n’a pas bougé d’un millimètre.
Inflation zéro, prix toujours haut : Peugeot fait du surplace… en zone rouge
Et c’est là que ça devient drôle. Peugeot crie sur tous les toits que les prix n’ont pas augmenté. Miracle économique ! Champagne au service compta !
Mais attendez… le modèle de base commence à 39 950 €. Vous avez bien lu. Presque 40 000 € pour une voiture dont l’entrée de gamme ne propose même pas de sellerie cuir ou de jantes qui ne crient pas “leasing en fin de course”.
Certes, les finitions sont désormais resserrées autour de trois offres — Allure, GT et GT Pack — mais l’équipement de série ne justifie toujours pas le ticket d’entrée. Oui, on vous file quelques gadgets connectés, mais pour ce prix-là, on aimerait au moins avoir l’impression de monter dans une voiture premium, pas dans une lionne de salon.
Côté motorisations, rien de neuf sous le capot : deux versions hybrides rechargeables (180 et 225 ch), toujours aussi peu rentables pour qui ne recharge jamais, et un modeste 3-cylindres essence de 130 ch pour ceux qui aiment la souffrance et les reprises de camion.
La e-408, ou comment rater une électrique à 50 000 €
Ah, l’électrique ! Ce fameux futur dont on parle depuis vingt ans et que Peugeot semble toujours découvrir avec surprise. La e-408 arrive donc, timidement, avec ses 156 ch et une batterie de 54 kWh — autrement dit, l’équivalent d’un espresso tiède au petit-déjeuner.
L’autonomie annoncée frôle les 400 km WLTP, ce qui, dans le monde réel avec chauffage, climatisation, passagers et un soupçon de vent de face, nous ramène à 280 km les jours de fête. Quant au prix : 49 450 €. Non, ce n’est pas une erreur de frappe. Oui, c’est pour une traction avant avec des perfs de Clio diesel.
Le pire ? Ce n’est même pas une mauvaise voiture. C’est juste une mauvaise idée. Trop chère pour ce qu’elle propose, pas assez technologique, ni performante, ni audacieuse. Elle ressemble à un prototype validé un vendredi à 17h, juste avant l’apéro.
408 : la voiture pour ceux qui ne savent pas ce qu’ils veulent (et Peugeot non plus)
Mais alors, à qui s’adresse cette Peugeot 408 ? À ceux qui veulent une berline, mais pas trop. Un SUV ? Oui, mais discret. Un break ? Non, faut pas pousser. Bref, ce véhicule s’adresse à une cible floue comme une pub de parfum : “ceux qui aiment bouger… mais pas trop”.
Ce n’est ni un véhicule familial, ni vraiment statutaire, ni particulièrement fun à conduire. Elle n’a pas la praticité d’un 3008, ni l’élégance d’une 508. C’est une sorte de voiture transgenre automobile, un Frankenstein sur roues, qui coche toutes les cases… sauf celle du bon sens.
Alors, est-ce une mauvaise voiture ? Pas vraiment. Est-ce une bonne voiture ? Non plus. C’est une voiture qui existe. Un peu comme une chanson de radio qu’on n’a pas choisie, mais qu’on subit.
En résumé – 5 choses à retenir
-
Le restylage est minimal : une calandre redessinée, des feux modifiés, et… c’est à peu près tout.
-
Les prix n’augmentent pas, mais restent largement au-dessus de ce que l’équipement et la finition justifient.
-
La version électrique e-408 est hors de prix, sous-équipée et peu convaincante côté autonomie.
-
L’intérieur n’a pas évolué, avec un i-Cockpit qui commence sérieusement à dater.
-
La 408 ne sait pas ce qu’elle est, et Peugeot non plus visiblement.


Commentaires